Xavier Boyaud
réminiscences


installation,
spectacle vivant

réminiscences : Installation (2005,16')  
court métrage constitué d’images-lumière, d’un environnement sonore, multi-écrans. Extraits vidéos

Générique...

Conception, scénographie, image-lumière : Xavier Boyaud
Composition musicale, développement informatique : Laurent Ostiz
Consultant à la rédaction: Erwan Defachelles, Sophie Malard
Chargée de diffusion : Julie Noppe
Construction / Atelier du Virolois: Alain Le Beon
Le personnage : Pierre Tersac

Production : [ars]numerica - Monbéliard. Production excécutive : Drama Makina Produktion - Hellemmes
Résidences : Maison Folie de Mons - Belgique, le théâtre de la Verrière - Lille, La Makina - Hellemmes
Mécénat : ShowTex, Inventive Showbiz Textiles & Draperies - Belgique
Remerciements : Michèle Grasser, Renaud Desmallades, Sarah Valin, Anne Vauclair, Mylène Benoit, Paul Lossy, Jean-Baptiste Barrière.


Synopsis...

S’il fallait donner une « clef de lecture » à Réminiscences, elle pourrait être celle-ci : le parcours d’un homme en équilibre entre la vie et la mort, perçu depuis son intériorité. Des images abstraites et des sons se succèdent : ce sont des bribes de souvenirs, des sensations, de lointains échos qui tissent le chemin d’une existence parcourue… Le retour à la vie s’opère par la figuration : l’homme est assis à l’arrière d’une voiture, il regarde son paysage défiler. Le regard du spectateur passe donc de l’intérieur du personnage (comme s’il était dans son cerveau) à l’extérieur de celui-ci (en le voyant dans la voiture). Comment considérer cet espace temps qui n’a pas existé pour le malade ? Réminiscences explore ainsi les mécanismes de la mémoire, et les indissociables de notre système de perception. L’installation transforme, triture, bouleverse les images et les sons, comme le cerveau qui trie, occulte ou met en valeur des événements, des sensations. Se dessine alors une véritable cartographie du souvenir, où s’entremêlent rencontres et lieux.


A propos...

Réminiscences relate une expérience du point de vue d’une intériorité. Il s’agit de celle d’un homme restituée sous l’angle du souvenir et de la sensation. Il s’agit d’un récit cinématographique, un film d’animation, projeté et décomposé sur quatre écrans alignés les uns derrière les autres. Le montage se joue dans le cadre de l’image, le dialogue entre les surfaces, et la superposition possible des images, grâce à leur transparence. Il est alors possible de recomposer une image unique, somme de toutes les projections, ou d’observer individuellement différents plans. Ces objets ainsi impressionnés sont autant de « couches sensibles » qui évoquent le principe même de la mémoire et du souvenir. Ce récit-mémoire est projeté dans un volume qui décline les fondamentaux de l’espace-temps filmique et de l’image : cadre, champ, profondeur et montage. Cette mobilité du spectateur répond à une volonté de montrer des bribes d’instants vécus, et de les parcourir librement. C’est donc la place depuis laquelle le spectateur observe qui va déterminer sa propre approche de l’histoire. La mixité des sources lumineuses autorise un traitement protéïforme de la lumière, génèrant des compositions picturales transitoires qui se répondent, se complètent ou s'opposent dans le déroulé global de l'installation. Ces images-lumière sont transformées, décomposées numériquement et physiquement, avant de se recomposer en un flux qui imprime la matière des objets constitutifs de la structure-receptacle de l'installation. Leur mise en perspective répondant au déplacement physique du spectateur, à son parcours, son cheminement autour et dans l'espace de l'oeuvre. En regard cette métamorphose, une sphère sonore dessine un espace en perpétuelle évolution qui travaille par « couches » successives glissant les unes sur les autres. Elles jouent entre éloignement et proximité, lisibilité, interprétation possibles des sonorités et abstraction. Evoluant au sein de cette sphère, ces objets sonores viennent dialoguer avec les images-lumières, se manifestant ainsi sous un principe similaire d'ajout, de retrait, d'épaisseur et de finesse.


Anne Vauclair pour L'Est Réplublicain...

Le dispositif créé par Xavier Boyaud et Laurent Ostiz explore la composition picturale de la lumière en projetant des « images-lumières » qui sont « transformées, décomposées, recomposées numériquement et physiquement par les objets qu’elles impressionnent ». Ce sont bien des « compositions picturales transitoires » que génère le dispositif, compositions que les artistes assimilent à des « réminiscences » : la décomposition dévoile en effet des formes qui se diversifient, au même titre que notre mémoire qui opère une élection. Le jeu entre réminiscence et rémanence est bien « réel » puisque la lumière en se décomposant laisse subsister des traces, vestiges des objets sur lesquels elle a dû passer pour se rendre visible. C’est le son qui accompagne le déplacement du spectateur et qui est associé aux changements lumineux qui orchestre cette « superposition des transparences ». Si la lumière est nécessaire à la visibilité des objets, ici, ce sont les objets et le regard des spectateurs qui en révèlent les transparences sonores comme si les artistes avaient voulu percer la profondeur lumineuse d’un espace voué normalement à l’ombre. Cette révélation - au sens photographique - est nécessairement due à la technique, mais ce que la lumière impressionne, la trace qu’elle laisse pour finir qui peut dire jusqu’où elle se prolonge ? Anne Vauclair


Le dispositif...